80 000 : c’est le nombre de vols comptabilisés chaque jour dans le monde. Des millions de passagers confient leur quotidien à un avion. C’est pourquoi les constructeurs se doivent de maitriser les processus allant de la conception des appareils à l’approvisionnement en passant par la production : l’erreur n’est pas permise. Par conséquent, les questions de réduction des coûts et des délais sont particulièrement sensibles dans ce secteur car elles ne doivent en aucun cas avoir un impact sur la qualité. Les acteurs français de l’aéronautique en sont conscients et ils mettent toute leur énergie pour optimiser leur supply chain.
Les perspectives de l’industrie aéronautique sont excellentes : croissance insolente et carnets de commande bien remplis. Pour répondre à la demande, les acteurs du secteur vont devoir augmenter la cadence. Fabrice Brégier, le PDG d’Airbus, évoquait clairement le sujet à la mi-juin, en annonçant vouloir porter la production de l’A320 de 42 à 46 exemplaires par mois en 2016. « Si nous réussissons le lancement de l’A350 et la montée en cadence de la production, nous aurons une très bonne rentabilité à la fin de la décennie, non seulement sur l’A320 et l’A330 mais aussi sur l’A350 ». Cette question sera véritablement décisive dans la lutte avec l’éternel concurrent américain Boeing.
L’équation à résoudre est complexe et délicate : comment améliorer la performance et les délais en intégrant les très nombreux nouveaux paramètres ? Citons entre autres la coordination avec les différentes parties prenantes, clients et fournisseurs ; les attentes multimédias vis-à-vis de l’utilisation et de l’intégration d’équipements du type PC, tablettes, smartphones ; les nouvelles technologies qui pourront transformer les processus de fabrication, comme l’imprimante 3D ; et les contraintes écologiques, bien que le transport aérien ne représente que 2 % des émissions mondiales.
Soutenir et protéger les PME-PMI sous-traitantes
Les réponses potentielles aux problématiques de la supply chain sont extrêmement variées, Les sociétés les plus impactées sont les petites et moyennes entreprises (Rang 3 et 4) qui sous-traitent pour les grands acteurs (Rang 1 et 2), elles sont un pilier de la réflexion. En France, 3 000 PME travaillent pour l’aéronautique. Il est nécessaire que les banques accompagnent et que les prestataires puissent conserver des marges viables. Airbus a dû se doter de sa propre banque de manière à accéder aux prêts à très faibles taux et offrir à ses fournisseurs des solutions de financement plus avantageuses. Cette solution pourra permettre d’éviter le rachat de sous-traitants en difficulté et donc faire face à une éventuelle rupture.
Or, face à la montée en puissance de la production, les sous-traitants aéronautiques sont à la limite de leur capacité, ils ne peuvent pas anticiper et investir dans l’innovation. Certains fournisseurs accusent une situation financière tendue. Il faut donc avant tout comprendre les dysfonctionnements de la chaîne d’approvisionnement pour pouvoir en extraire des préconisations et évaluer la capacité des fournisseurs aéronautiques à suivre la montée en cadence. Le danger serait de séparer les stratégies des avionneurs et celle des sous-traitants : il s’agit bien de les faire coïncider, en remettant au cœur des problématiques industrielles l’animation des territoires français et européens.
Des enjeux liés aux aléas géopolitiques et au taux de change
Comme la crise ukrainienne a pu récemment le démontrer, la supply chain aéronautique peut subir les conséquences des variations géopolitiques. Dans ce cas précis, les différentes sanctions décidées par les gouvernements à l’encontre de la Russie ont un impact considérable, étant donné que plusieurs entreprises du secteur ont des intérêts dans ce pays, notamment dans la métallurgie. Des PME ayant signé des contrats avec des fournisseurs russes risquent de se trouver en difficulté… Gare à l’effet domino.
Les acteurs européens se trouvent également pénalisés par les variations du cours de l’euro : le taux « acceptable » est estimé à 1,2 $U.S. pour 1 €. Or, on évalue qu’une variation de 10 centimes d’euro entraîne une baisse de 2 % de la marge opérationnelle des entreprises : ces mouvements ont nécessairement un impact sur des supply chain à dimension internationale.
SI les enjeux du secteur aéronautique vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter.